Il y a des gens qui font tout bien. Des gens qui travaillent dur. Des gens qui prennent soin de leur entourage. Des gens qui avancent, qui s'investissent, qui donnent beaucoup... Des femmes et des hommes à qui on répète pourtant, avec les meilleures intentions du monde, qu'ils ont de la chance, qu'ils ont tout pour eux et qu'ils devraient être fiers d'eux.

Ces mots-là font parfois plus de mal que de bien. Ces mots font mal pas parce qu'ils sont faux. Mais parce qu'ils creusent, un peu plus à chaque fois, le fossé entre ce que les autres voient et ce qu'on ressent vraiment.

Ce que personne ne voit, c'est le matin difficile avec la boule au ventre dès le réveil. Celui où on se lève sans envie, sans élan. C'est la réunion qu'on a préparée trois fois plus que les autres, non pas par zèle, mais parce qu'on ne se fait pas confiance. C'est le projet qu'on ne soumet pas parce qu'on est persuadé qu'il ne passera jamais. C'est la parole qu'on ne prend pas par timidité. C'est aussi la relation qu'on n'ose pas amorcer. Non pas par manque d'envie... mais à cause de cette petite voix qui répète que ce n'est pas encore "le bon moment", qu'on n'est pas encore prêt, que ça ne vaut pas grand chose... Les exemples sont infinis.

Et puis il y a bien sûr la solitude. Celle qu'on ne sait pas comment expliquer à quelqu'un qui vous répond "Mais tu es formidable ! Tu as tout pour toi. Bien sûr que tu vas rencontrer quelqu'un !". Alors on se tait. Et dans ce silence, quelque chose se referme. Moins on se montre, moins on reçoit de retour. Moins on se sent légitime, moins on ose. Le cercle tourne.

« Moins on se montre, moins on reçoit de retour. Moins on se sent légitime, moins on ose. Le cercle tourne. »

Je croise souvent ce cercle dans mon travail sous des visages très différents... C'est la personne brillante qui sabote ses chances au dernier moment. Celle qui n'arrive pas à poser ses limites. Celle qui enchaîne des relations qui ne lui font pas de bien, parce qu'au fond elle ne se sent pas mériter mieux. Là aussi, les exemples sont multiples.

Les situations sont différentes, mais il y a presque toujours la même raison en dessous : ces personnes ont très souvent une image d'eux abîmée quelque part, qui continue de diriger leur vie sans qu'on s'en rende vraiment compte.

Ces personnes ont souvent déjà cherché des solutions. Elles ont lu, écouté, essayé de penser autrement... Ce n'est pas inutile. Mais ça ne touche pas à la racine. Ce qui change vraiment les choses, c'est d'aller regarder honnêtement ce qui se passe à l'intérieur, tout au fond de soi, sans se juger. Il faut comprendre d'où vient cette voix et apprendre, petit à petit, à ne plus la laisser décider à notre place.

Et ce moment-là arrive. Toujours !

Je l'observe régulièrement chez les personnes que j'accompagne. Quelque chose se retourne. On commence à se regarder autrement. On se redresse, pas pour faire bonne figure, mais parce qu'on a reconnu quelque chose en soi qui méritait de l'être depuis longtemps. On reprend de l'élan. Pas parce que tout est réglé... mais parce qu'on a arrêté de se mettre en travers de son propre chemin.

« On re-devient fier de soi. »

La confiance en soi n'est pas un don qu'on a ou qu'on n'a pas. C'est quelque chose qui s'est construit, souvent dans la douleur, certes, et qui peut se reconstruire. Ce n'est pas rapide. Ce n'est pas magique. Mais c'est réel, et c'est accessible.

Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, peut-être que ce message est celui que vous attendiez. Vous n'avez rien à préparer, rien à justifier... juste à oser faire ce premier pas !